• À qui profite la faim ?

     

    Du petit producteur à la grande firme alimentaire, le combat est-il égal ? 

     

    À qui profite la faim ?

     

    Cette vidéo se compose de trois parties distinctes. Films ici

    Manger autrement et mieux, voilà qui est facile à dire, mais avouons-le, un peu moins facile à faire. Au Ghana en Afrique, des découpes de poulets surgelés arrivent par cartons entier les jours de marchés. Ces poulets sont abattus en masses dans les abattoirs de l’Amérique du sud, des États unis, d’Europe. Ce sont des stocks qui n’arrivent pas à se vendre et que là-bas personne ne veut manger. Alors, ces restes sont exportés dans les pays en développement, comme le Ghana ainsi que toute l'Afrique.

    Au début des années 90, le Ghana importe 9000 tonnes de poulet par an, aujourd’hui, 90 000 tonnes. En 2004, le kg de poulet surgelé coute 1.50 euros, un prix qui défit donc toute concurrence. Mais avec la flambée des prix alimentaires, la viande aussi est devenue plus chère et le kilo coûte maintenant 2.70 euros, mais cela n’empêche pas la demande. Les petits vendeurs de poulet vivant n’arrivent plus à faire face à cette énorme vague d’importation, car leur prix est bien sûr moindre. Un coq par exemple coute 8.00 euros environ. Rares sont ceux qui peuvent s’offrir de la viande fraîche à ce prix. Beaucoup, ayant fait faillites, quittent leur campagne pour la ville afin de pouvoir gagner leur vie.

    Le groupe Doux est l’un des plus grands géant de cette industrie agro-alimentaire et est le 1er producteur européen de volaille et de produits élaborés à base de volaille. C'est aussi un des leaders mondial à l’exportation de volaille et de produits élaborés. Cette entreprise est présente sur tous les marchés et exporte sa marchandise dans 130 pays. En Afrique, son chiffre d’affaire atteint 40 millions d’euros.

    René Louail est un paysan syndicaliste breton, un éleveur de poulets avec label dans les Côtes d'Armor, mais est aussi l'un des cinq membres du bureau exécutif de la Coordination Paysanne Européenne. Il dit que l’organisation mondiale du commerce place la logique marchande avant tout. (Voir : viva.presse.fr).

    Il existe un risque sanitaire lié aux aliments importés, car les méthodes de conservations sont inexistantes. Pour les abattoirs, le commerce avec l’Afrique est bien plus que rentable, surtout au Togo. Pour exemple, les poules pondeuses y sont exportées après un an de ponte abusive, il faut savoir qu’elles ont à l’arrivée un tout petit poids, à peine 800 grammes et donc très peu de chaire. Mais l’Afrique prend, tandis que l’Allemagne n’en veut pas, alors on donne bien volontiers…

    Rudolf Bunzel, expert en agronomie pour l’EED dit : « c’est un phénomène caractéristique d’une économie du marché, on essaie tout d’abord d’obtenir un monopole, une fois qu’on l’a, on augmente les prix. Mais auparavant, on a recours à des méthodes de dumping (le terme de dumping dénonce des pratiques commerciales déloyales, sinon interdites par les réglementations internationales) pour atteindre ce monopole ».

    Dans le cadre de son mandat de Rapporteur spécial, Olivier De Schutter a accordé une place de plus en plus importante aux questions liant le droit à l'alimentation aux accords commerciaux et d'investissement, car il s’inquiète de la montée des prix et des techniques de dumping. (Voir : lesechos.fr).

    Les pays bas quant à eux sont la première plateforme d’exportation européenne et ils envoient 40 000 tonnes de poulets par an en Afrique.

    Nous sommes dans une situation qui n’est pas soutenable dans le long terme, où les petits producteurs sont de plus en plus marginalisés et où les grandes firmes de l’agroalimentaire industrielles ont un pouvoir d’imposer leur prix. Les petits producteurs sont dans l’incapacité de choisir le prix auquel ils revendent leurs marchandises et leurs récoltes, mais ils sont aussi dans l’incapacité de choisir le prix auquel ils achètent leurs intrants. Il faut d’urgence contrôler ces acteurs sur la chaine agroalimentaire, imposer des régulations qui mettront hors la loi certaines pratiques commerciales qui relèvent d’un abus de position de dominante et donner aux petits producteurs la possibilité de vivre décemment de leurs cultures.

    Notre deuxième sujet maintenant, l’Eco énergie : 45 millions d’hommes et de femmes vivent de la forêt tropicale, mais aujourd’hui, ils meurent de faim parce qu’il faut produire de l’huile végétale pour nos voitures et nos besoins en électricité et de cela en découle un manque d'huile de palme.

    L’essence bio est censée respecter l’environnement et protéger les ressources naturelles, car les plantes repoussent. En Indonésie, les forêts tropicales sont transformées en plantations d’huile de palme, car l’Europe ne peut pas couvrir seule ces besoins en bio-carburant.

    Les peuples alentour ne trouvent plus de nourriture, mais à la place, des terres défrichées ou des palmiers doivent pousser. La plupart de ces peuples, vivent de la chasse, de la pèche et de la cueillette et en supprimant leur environnement, on supprime aussi leurs moyens de nourrir et de subsister. À ce jour, près de 60 millions d’hectares de forêts ont été rasés, soit une surface grande comme la France.

    Le conglomérat indonésien Sinar Mas détient la plupart des parts dans les secteurs de l’huile de palme. Un rapport démontre qu’elle mène des activités interdites par la loi indonésienne comme par exemple la déforestation sans permis de déboisement et sans évaluation préalable des impacts environnementaux. (Voir rapport de green peace : greenpeace.org).

    Le programme de bio-carburant a ramené avec lui la famine en Indonésie et rien ne pourra y changer quelque chose, le mal ayant déjà été fait. Il faut quatre ans pour que les noix des palmiers mûrissent, pour produire davantage, il faut donc étendre encore ces terrains boisés. Depuis que le gouvernement indonésien a imposé des droits de douanes élevés et que la population ne réussit plus à s’approvisionner en huile alimentaire, la contrebande est apparue.

    Il faut savoir que les prix de l’huile alimentaire ont plus que doublés en Indonésie, or, l’huile de palme est la seule matière grasse dont ils se servent pour cuisiner. En gros, toute l’huile est exportée et il n’en reste plus assez aux Indonésiens pour pouvoir se nourrir décemment, alors que logiquement, on doit d’abord penser à l’alimentation du peuple avant d’en faire profiter les autres pays. Aujourd’hui, notons que chaque année, une surface équivalente à la Belgique est déboisée pour la culture d’huile de palme.

    En fait, si nous regardons tout cela de plus près, nous crions à l’écologie au détriment de ces petits paysans d’Indonésie. Alors, assiette ou plein d’essence ?

    Voici maintenant notre troisième et dernier sujet : la répercussion des bas prix du lait sur les producteurs laitiers africains.

    En Afriques, des petites coopératives laitières aident à améliorer les revenus de certains sur ce continent de plus en plus menacé par la misère. Plus de 200 millions d’africains sont sous-alimenté à ce jour, c’est énorme mais ça ne fait probablement que commencer. Les grandes industries importent en masse, au dépend des petits fermiers africains qui ne peuvent pas aligner leurs prix, car ces derniers sont trop compétitifs. Ils font donc, pour la plupart, faillites et se retrouvent sans le sou.

    Mais les problèmes des Africains, en Europe, on n’aime pas les entendre, sauf Olivier De Schutter, que l’on a vu plus haut, qui lui continu de se battre pour ces pays. Il dit qu’il est bien difficile de parler de concurrence équitable quand on voit les différences de productivités entre les producteurs européens et africains et que même si l’on supprime les subventions que les agriculteurs européens perçoivent actuellement, ces derniers n’en demeurerons pas moins très compétitifs par rapport aux producteurs africains. Il faut donc investir beaucoup plus dans l’agriculture africaine, mais même à ces prix-là, il faudra des années aux Africains pour être aussi compétitifs que les Européens.

    Certains ne voient pas la moindre menace pour les petits producteurs, comme par exemple Mariann Fisher-Boel qui est, il faut le dire, commissaire européenne à l’agriculture. D’ici 2015, le marché laitier européen pourrait être complètement libéralisé. Les pays pauvres n’ont vraiment aucune chance face aux prix cassés de produits importés de qualité. Plus personne n’aura besoin d’eux et ce sera donc la fin de la production laitière comme activité de renfort pour nourrir les familles. La famine prendra un tout autre essor et le nombre de réfugiés en Europe augmentera radicalement.

    L’Europe protège donc son agriculture en écrasant la concurrence mondiale et surtout les petits producteurs. 

    Source:  http://www.mystere-tv.com/du-petit-producteur-a-la-grande-firme-alimentaire-le-combat-est-il-egal-v2070.html

      

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