• Compteurs intelligents : des experts dénoncent la désinformation flagrante

    Le Dr David O. Carpenter, fondateur de l’École de santé publique de l’Université d’Albany.

     

    La Maison du 21e siècle a demandé au médecin David Carpenter, professeur de santé publique à l’Université d’Albany (New York), son avis sur une lettre publiée dans le quotidien montréalais Le Devoir le 24 mai dernier et qui affirmait que les compteurs intelligents sans fil ne présentent aucun risque pour la santé. Une quarantaine d’experts internationaux ont collaboré à la rédaction de l’avis suivant.

     

    Nous, les soussignés, sommes un groupe de scientifiques et de professionnels de la santé qui ensemble avons cosigné des centaines d’études révisées par des pairs sur les effets des champs électromagnétiques (CEM) sur la santé. Nous tenons à rectifier la désinformation flagrante que l’on retrouve dans la lettre sur les compteurs « intelligents » sans fil publiée dans Le Devoir le 24 mai dernier. Présentée par un groupe d’ingénieurs, de physiciens et de chimistes québécois, cette lettre reflète un manque de compréhension évident de la science qui justifie les préoccupations quant à l’impact sur la santé des CEM de radiofréquences (RF)/micro-ondes émises par ces compteurs.

     

    L’affirmation selon laquelle « Les milliers d’études réalisées, tant épidémiologiques qu’expérimentales chez l’humain, ne montrent pas de hausse des cas de cancer à la suite d’une exposition aux radiofréquences de faible intensité… » est fausse (1). En fait, à peine quelques études du genre ont été publiées — peut-être une douzaine, certainement pas des milliers — et la plupart ont été financées par l’industrie des télécommunications sans fil. De plus, ces études rassurantes comportaient d’importantes failles de conception, comme le fait qu’elles portaient sur des populations de trop petite taille qui furent suivies durant une période trop courte.

     

    Des études non financées par l’industrie ont clairement démontré l’augmentation notable de l’incidence du cancer chez les individus surexposés de façon prolongée à de faibles doses de micro-ondes, émises notamment par des antennes radio. Ces effets ont été bien documentés lors des méta-analyses des résultats regroupés de plusieurs études portant sur les usagers d’un téléphone cellulaire : ces analyses ont systématiquement démontré un doublement du risque de cancer du cerveau chez les usagers exposés aux RF/micro-ondes d’un cellulaire depuis au moins dix ans.

     

    L’incidence du cancer du cerveau

    De plus, l’argument selon lequel « malgré un usage croissant du téléphone cellulaire, l’incidence globale du cancer du cerveau n’a pas augmenté au cours des dernières années » n’est pas une preuve que ces appareils sont sécuritaires : chez l’adulte, la croissance d’une tumeur cérébrale se fait lentement et peut souvent durer de 20 à 30 ans. Or, la majorité des Nord-Américains n’utilisent pas de téléphone cellulaire de façon intense depuis aussi longtemps. Les preuves concernant l’utilisation du cellulaire à long terme et le risque accru de cancer du cerveau proviennent principalement de l’Europe du Nord, où cet appareil est utilisé couramment depuis les années 1990.  Suite

     

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